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Actualités· 9 min de lecture

Bois de structure réemployé : traitements, normes et mise en œuvre

Charpentes, planchers et OSB de seconde vie : le bois est l'un des matériaux réemployables les plus polyvalents et les plus demandés. Guide technique sur les traitements nécessaires, les normes applicables et les précautions de mise en œuvre.

Bois de structure réemployé : traitements, normes et mise en œuvre
Le besoin

Le bois de structure réemployé suscite de l'intérêt mais aussi des craintes : traitement, taux d'humidité, résistance mécanique résiduelle. Les professionnels manquent de guides techniques clairs.

La cible

Charpentiers, constructeurs bois, architectes spécialisés bois, maîtres d'ouvrage intégrant du bois dans leur stratégie bas carbone.

La solution

Établir un cadre technique clair : types de bois réemployables, contrôles indispensables, normes de classe d'emploi, traitements acceptables et sources d'approvisionnement fiables.

Types de bois réemployables en structure

Le gisement de bois de structure réemployable est diversifié. Les charpentes traditionnelles en chêne, pin sylvestre ou sapin/épicéa des bâtiments anciens (avant 1970) constituent un vivier de bois massif de haute qualité, souvent plus dense et plus résistant que le bois frais car il a subi des décennies de séchage naturel. Ces bois "vieux" sont très prisés des charpentiers pour leur stabilité dimensionnelle et leur caractère esthétique. Les charpentes industrielles en bois lamellé-collé (BLC) ou en bois massif reconstitué (BMR) des bâtiments industriels et sportifs des années 1980-2000 représentent également un gisement important. Les fermes paraboliques, les arbalétriers et les poutres de grande portée peuvent être réemployées intégralement si les assemblages sont en bon état. Les planchers en bois (lambourdes, solives, planches) issus de réhabilitations de bâtiments anciens ont une forte demande sur le marché de la rénovation patrimoniale.

Contrôles techniques et classification

  • Mesure du taux d'humidité : doit être inférieur à 20 % pour éviter les risques fongiques ; si supérieur, séchage obligatoire avant réemploi
  • Inspection visuelle pour nœuds, fentes, déformations, traces de pourritures, galeries d'insectes xylophages
  • Classement résistance mécanique selon EN 14081 ou par tri visuel selon EN 1912 (classes C18, C24, C30...)
  • Contrôle des assemblages métalliques : boulons, connecteurs, plaques — remplacement systématique si corrosion
  • Recherche de traitements anciens potentiellement dangereux (arséniate de cuivre chromé dit "bois vert" avant 2004)
  • Détection d'insectes à larves xylophages par examen des galeries et, si doute, traitement préventif obligatoire

Le traitement des bois réemployés se limite généralement à un traitement insecticide-fongicide de classe d'emploi 2 ou 3 pour les éléments en contact indirect avec l'humidité. L'interdiction des produits CCB (Chrome-Cuivre-Bore) et des organochlorés depuis les années 2000 signifie que les bois anciens peuvent porter des traces de ces produits, nécessitant des précautions particulières lors de la manipulation et des analyses préalables si une exposition cutanée prolongée est envisagée.

400 kg CO₂/m³
Carbone stocké dans un m³ de bois massif réemployé évitant la mise en décharge
Source : FCBA 2023
30–50 %
Économie possible sur le prix d'une charpente en bois de réemploi vs charpente neuve
Source : Estimations marché 2024
60 ans
Âge moyen des bois de charpente issus de bâtiments en démolition, souvent classe C30
Source : FCBA
15 000 t
Estimation du gisement annuel de bois de structure réemployable en France
Source : Adivbois 2024

Les bois de charpente anciens que nous réemployons sont souvent bien supérieurs au bois résineux frais en termes de résistance mécanique. Un pin sylvestre de 80 ans est classé C30 en moyenne là où le pin frais importé est C18. C'est un argument technique fort qui commence à convaincre les bureaux d'études les plus exigeants.

L

Léa F.

Charpentière — Entreprise de charpente-réemploi, Bretagne

Normes applicables : classes d'emploi et marquage

Les normes applicables au bois de structure réemployé sont identiques à celles du bois neuf : NF EN 1995-1-1 (Eurocode 5) pour le calcul des structures bois, NF EN 338 pour les classes de résistance, et NF EN 335 pour les classes d'emploi (de 1 à 5 selon l'exposition à l'humidité). La classification peut être établie par tri visuel ou par tri mécanique sur les bois de réemploi, comme pour les bois neufs. Le principal défi réglementaire réside dans l'absence de marquage CE sur les bois anciens. La solution passe par l'établissement d'une fiche technique de qualification signée par un ingénieur structure ou un laboratoire spécialisé, qui remplace le marquage CE et constitue la base du certificat de réemploi.

Marchés porteurs : rénovation thermique et construction bois

La rénovation énergétique de bâtiments anciens en ITE (Isolation Thermique par l'Extérieur) nécessite souvent des pièces de bois pour les ossatures de fixation. Le bois de réemploi local, disponible rapidement et à coût réduit, répond parfaitement à ce besoin tout en réduisant l'empreinte carbone de l'opération.

BATLOOP : accédez aux stocks de bois de structure disponibles

BATLOOP recense les charpentes, poutres et éléments de plancher en bois disponibles à la vente sur toute la France. Filtrez par essence, section, longueur et localisation pour trouver le gisement adapté à votre projet. Les fiches incluent systématiquement les photos et, quand disponible, les résultats de classement mécanique.

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