L'acier est l'un des matériaux les plus énergivores à produire et l'un des plus difficiles à sourcer en réemploi de manière fiable et conforme, faute de protocoles clairs.
Bureaux d'études structure, entreprises de charpente métallique, maîtres d'œuvre et maîtres d'ouvrage de bâtiments industriels, logistiques ou tertiaires.
Identifier les types d'acier réemployables, comprendre les contrôles et normes requis pour sécuriser leur utilisation structurelle, et évaluer le bénéfice carbone et économique.
Quels types d'acier sont réemployables ?
L'acier de construction se prête bien au réemploi car c'est un matériau homogène, durable et dont les caractéristiques mécaniques sont généralement stables dans le temps à condition qu'il n'ait pas subi de déformation permanente ou de corrosion importante. Les produits laminés à chaud — poutrelles HEA, HEB, IPE, UPN, colonnes carrées et rectangulaires — sont les plus couramment réemployés. Issus de bâtiments industriels, d'entrepôts logistiques ou de halls d'exposition, ils peuvent atteindre 20 à 30 mètres de longueur et représentent une valeur considérable. Les tôles de bardage et les panneaux sandwich constituent également un gisement important, particulièrement valorisable dans les projets de construction ou d'extension de bâtiments industriels. Les profilés tubulaires (RHS, SHS, CHS) utilisés en structure secondaire ou en couverture sont très demandés sur le marché du réemploi.
Contrôles qualité obligatoires avant réemploi structural
- Examen visuel : recherche de déformations, fissures, corrosion généralisée, marques de soudures ou de découpes antérieures
- Mesure d'épaisseur par ultrasons : vérification que la section résiduelle est conforme aux plans d'origine
- Contrôle de la nuance d'acier : analyse fluorescence X ou spectrométrie pour identifier S235, S275, S355
- Essai de traction sur éprouvettes prélevées (si usage structural critique) : confirmation limite d'élasticité et allongement
- Contrôle de soudabilité si des assemblages soudés sont prévus sur le matériau réemployé
- Vérification de l'absence de traitement de surface incompatible (peintures anciennes contenant du plomb ou chrome VI)
Le guide RECYACIER, publié par le CTICM (Centre Technique Industriel de la Construction Métallique) en 2022, fournit un protocole détaillé de qualification des aciers de réemploi pour les structures. Il distingue trois niveaux de contrôle selon le degré de criticité de l'usage envisagé, permettant d'ajuster le coût des contrôles à l'enjeu structurel.
Normes applicables : Eurocode 3 et marquage
L'utilisation d'acier réemployé en structure est encadrée par l'Eurocode 3 (NF EN 1993), dont les dispositions s'appliquent indépendamment de l'origine neuve ou secondaire du matériau. La nuance et les caractéristiques mécaniques doivent être documentées et correspondre aux hypothèses de calcul. En l'absence de documentation d'origine (certificats matière d'usine), les contrôles de terrain décrits ci-dessus permettent de reconstituer une fiche technique suffisante pour le bureau d'études structure. Le Cahier des Clauses Techniques Générales (CCTG) applicable aux marchés publics de travaux ne s'oppose pas à l'utilisation d'acier réemployé dès lors que ses caractéristiques sont documentées et que les contrôles adéquats ont été réalisés. Plusieurs bureaux de contrôle (Bureau Veritas, Socotec) ont développé des procédures d'agrément spécifiques pour les structures intégrant de l'acier réemployé.
Nous avons reconstruit une halle de stockage de 2 400 m² en utilisant 80 % de poutrelles HEB réemployées provenant d'une usine en déconstruction à 45 km. Les contrôles CTICM ont confirmé une nuance S275, conforme à notre hypothèse de calcul. Le coût de la charpente a été réduit de 52 % par rapport à un acier neuf équivalent, et notre ACV montre 38 tonnes de CO₂ évitées.
TThomas R.
Ingénieur structure — Bureau d'études indépendant, Grand Est
Prix du marché et cas d'usage typiques
Les prix de l'acier de réemploi varient selon la nuance, les dimensions, l'état et la localisation. En 2025, une poutrelle HEA ou HEB en bon état se négocie entre 0,40 et 0,80 €/kg contre 0,90 à 1,20 €/kg pour l'acier neuf (hors pose). Les bardages et tôles d'isolation en bon état sont valorisés entre 8 et 25 €/m² selon les performances thermiques et l'état de surface. Les cas d'usage les plus courants sont la construction et l'extension de bâtiments industriels et logistiques, où les grandes portées et les faibles exigences esthétiques facilitent l'intégration d'éléments réemployés. Les structures de parkings, de passerelles légères et de tribunes sportives constituent également des débouchés croissants.
BATLOOP : trouvez vos poutrelles acier de réemploi
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